Choisir sa board (twintip)

Mieux comprendre les board… […]

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Choisir son twintip n’est pas une mince affaire : entre les tailles, les modèles, les programmes annoncés, il y a moyen de s’y perdre.

Quelle est l’influence de la taille, du rocker, du shape, de la forme des tips, du flex ?

Quelle planche pour quel programme de navigation ou plutôt quel profil de rideur ?

Voici un article qui va te permettre d’y voir plus clair et, promis, on va la faire moins longue que pour le post dédié aux ailes …

Quand on parle de matos de kite, il ne faut surtout pas perdre de vue que c’est le rideur qui fait son ride et non la board. En clair, c’est toi qui décide en fonction de ta pratique et de ton niveau quel va être ton programme. Partant de ce principe, on pourrait dire que toutes les planches marcheront pour faire tout. C’est vrai, mais à la manière des ailes, certaines board seront plus adaptées à telle ou telle pratique et/ou niveau et/ou type de plan d’eau.

En gros, le caractère et le comportement d’une board va venir d’une association des différentes caractéristiques qui composent cette board.

Parmi ces caractéristiques, on retrouve :

  • L’outline (contour, forme de la board).
  • Le scoop (ou rocker, c’est-à-dire la banane de la board).
  • Le flex (donné par l’épaisseur du noyau, la stratification, les éléments qui constituent la construction de la board).
  • La carène (partie de la board au contact de l’eau, channels et concaves).
  • Les ailerons.
  • L’équipement (pads et straps ou boots).

Une fois ces notions comprises, il est plus facile de voir un peu quelle board on va utiliser pour quel programme de nav.

En clair on parlera de board :

Orientée plutôt Freeride

Orientée plutôt Freestyle

Orientée plutôt Wakestyle

On parle ici « d’orientée » car, en fonction des goûts et des qualités de certains shape, il y a des board qui peuvent transcender toutes les catégories. Ce derniers point tend à montrer que, dans une certaines limite, une bonne board c’est une bonne board.

L’outline :

Comme dit plus haut, l’outline, c’est la forme de la board vue du dessus. En clair, ce sont les contours de la planche. Certaines ont des formes plus carrées, plus rectilignes, avec des tips (extrémités) larges. D’autre adoptent des formes moins anguleuses, on parle alors d’outline plus rond.

Pour faire court, les planche au tips plus carrés ont souvent beaucoup de longueur de rail immergé, si on compare aux board à l’outline plus arrondi. C’est-à-dire qu’à taille égale, une board aux tips plus carrés aura plus d’accroche et, de part ces spatules plus larges, plus de pop. A l’inverse, ce genre de shape favorise les projections d’eau dans le clapot et rend la board moins maniable et ludique en carving.

Attention : comme laissé entendre plus haut, ce ne sont pas des vérités absolues. Comme une planche résulte d’un mélange de plusieurs critères, il est possibles que certaines caractéristiques soient complètement contrebalancées par d’autres critères. En gros une planches aux tips carrés peut s’avérer permissive et joueuse si le flex des tips est souple, que la tailles des ailerons est réduite et si le rocker est modéré, voire élevé.

A l’inverse, une planche à la forme arrondie, pour s’avérer être très exigeante si le rocker est tendu, que les ailerons sont gros ou que le flex de la planche est très raide.

Outline « carré »

 

Outline « rond »

Remarque : ces exemples sont un peu extrêmes, pour bien illustrer ce qu’est l’outline. De manière générale, les board ont actuellement tendance à avoir des lignes plus ou moins proches, mais des différences subsistent. Il suffit parfois de peu pour changer le caractère d’une board.

Le scoop (rocker) :

La banane de la board. Posée au sol, sans aileron, à quelle hauteur arrivent les extrémités ?

Ce rocker a une énorme influence sur le comportement, la tolérance en freestyle, le pop, la remontée au vent.

Rocker léger – scoop tendu (moins de 40 mm) :

  • Les + : Départ au planning, glisse, remontée au vent, pop en straps sur plan d’eau plat, accroche sur plan d’eau plat.
  • Les – : Tolérance dans le clapot (réceptions plus délicates, projections, plus de risques d’enfournement), nécessité de rider en appui « pied arrière » dans du clapot serré.

Rocker modéré (entre 40 mm et 45 mm):

  • LE COMPROMIS, la majorité des board du marché.

Rocker marqué : scoop banané (plus de 45 mm).

  • Les + : Maniabilité, ludique, tolérance réception (plus facile à se rééquilibrer), ride appuis « deux pieds » (on peut charger également le pied avant, ce qui soulage la cuisse arrière), ollie facile à trouver, pop plus facile à mettre dans le clapot.
  • Les – : Départ au planning et remontée au vent en retrait, vitesse de pointe et glisse en retrait, sensation de pousser de l’eau parfois.

Le flex:

Quand on parle de flex, on parle de la flexibilité de la board. Cette flexibilité vient des matériaux utilisés, de la stratification et de l’épaisseur de la board dans ses différents zones.

De manière générale, les constructeurs favorisent une zone plutôt ferme sous les pieds, ainsi que des extrémités affinées et assouplies pour donner de la tolérance en réception et favoriser le passage de clapot.

En résumé, plus une board est rigide, plus elle est nerveuse et a du pop. Sa glisse, sa vitesse de pointe en sont également améliorées, de même que le contrôle à très haute vitesse et la capacité à encaisser des grosses réceptions (notamment en boots).

Plus elle est souple, plus elle est tolérante, passe le clapot, accélère progressivement, favorise les réceptions, tant qu’on ne pose pas des tricks « pro level ».

La carène : cette dernière dizaine d’années, on a vu fleurir de toutes parts des carènes de plus en plus travaillées au niveau des channels et concaves.

Par le passé, il y avait peu de board intégrant des channels. Les constructeurs shapaient leur board avec une carène lisse, le plus souvent accompagnée d’un simple concave pour augmenter la portance, la glisse et les réceptions.

Actuellement, rares sont les planches qui n’intègrent pas de multiples concaves et/ou channels.

Sans rentrer dans trop de détails, ces channels et concaves sont là soit pour augmenter le contrôle, l’accroche, soit pour favoriser un écoulement de l’eau qui rend la glisse plus fluide.

On retrouve souvent sur les board typées wakestyle un gros travail sur la carène. Le but est souvent de pouvoir garder de l’accroche, même en diminuant la taille des ailerons, voire en les supprimant (pour la pratique sur modules). Sur des board à utiliser en straps, trop de channels peuvent parfois pénaliser la glisse et la vitesse de pointe de la board. C’est pour cela aussi qu’ils sont souvent moins profond et/ou que les constructeur préfèrent jouer subtilement sur les zones de concaves.

Les ailerons :

Les ailerons jouent un rôle déterminant sur l’accroche d’une board. Avec les années et les gros travaux sur les channels, on voit de plus en plus de board livrées avec des ailerons plus petits que le « standard » 50 mm.

L’utilisation d’ailerons plus petits favorise le pivotement et la maniabilité de la board, les réception en blind, mais sacrifient un peu l’accroche, le contrôle dans le vent fort et la remontée au vent. Souvent, les ailerons d’origine sont bien choisis par le fournisseur. Mais, il n’est pas rare qu’en fonction de tes goûts, tu sois amené à les changer par d’autres tailles et formes d’ailerons.

Ailerons de 50mm

Ailerons de 35 mm

L’équipement :

Boots ou Straps ?

Depuis 2012, on a vu passer la quasi entièreté des freestyleur pro des straps aux boots qui, jusque là, étaient surtout utilisées par les purs wakestyleurs, que ce soit en déhooké, mais aussi sur les modules, bien sûr.

Depuis, plein de freestyleurs amateurs ont suivi. Les chausses amènent plus de contrôle en réception, une prise de pop plus franche et la « garantie » que la board reste fixée à tes pieds pour que tu puisses te focaliser à 100% sur ton tricks. Leur désavantage réside cependant dans leur utilisation plus compliquée (surtout quand c’est On-shore et/ou bien clapoteux). Un autre aspect est la prise de risque : autant avec des boots, tu as plus de contrôle dans tout ce que tu fais, autant quans ça rate, ça rate bien (surtout en big air et sur les gros loop).

Difficile de se prononcer sur l’utilisation de l’un ou l’autre support, mais on constate que pas mal de pro actuellement repassent aux straps sur les compètes de big air.

Straps ou boots, à toi de choisir : c’est vraiment un choix personnel à faire en fonction de sa pratique.

  • Pur freestyle/wakestyleur = boots.
  • Freestyleur déhooké (mais pas trop) et freestyle big air = plutôt straps, que boots.
  • Freeride = straps.

N’oublie pas, cependant, que la taille de la board n’est pas le même si tu rides en straps ou en boots. Souvent, en boots, il faut rider une taille de plus (parfois deux, ça dépend de la board et des tailles proposées).

 

Les tailles :

La question qui taraude tout rideur. Quelle taille pour mon gabarit ?

La taille de la board va se choisir premièrement en fonction de son poids, tout en jetant un oeil sur la taille du rideur. On ne va pas faire rider un gars d’1,9 m qui pèse 65 kg sur la même board qu’une fille qui mesure 1,65 m et qui pèse également 65 kg.

Le fait de rider en straps ou en boots est à prendre en compte également.

Le programme souhaité rentre aussi en ligne de compte, tout comme les habitudes de ride (tu aimes rider toilé, surtoilé ?), les types de plans d’eau rencontrés, …

De manière générale, on ride plus grand et large d’année en année : cela vient du fait que la construction des board évolue dans ce sens. Avec le temps, elles ont gagné en flex, en rocker, en poids et souvent, un gabarit de 80kg se retrouve à rider en straps 136-138/41 contre 133-135/40 il y a une dizaine d’années.

Note cependant que les tailles des board sont une choses, mais leurs caractéristiques (rocker, outline, flex …) peuvent vraiment changer la donne. Tu peux rider en 132/40 tendue et rigide aux tips carrés qui te donne les mêmes sensations d’accroche et de maniabilité qu’une 138/42 souple, bananée avec des tips étroits.

Difficile donc de faire un tableau avec des valeurs pour les différentes catégories de poids. Le mieux est encore d’en discuter avec ton vendeur spécialisé. En fonction des programmes et de ton profil, il saura t’orienter vers les bonnes board dans les bonnes tailles.

 

Pour résumer et revenir à nos différents programmes, retiens que :

  • Les board freeride sont souvent assez souples, pas trop physiques, passent bien partout et ne sont pas trop nerveuses. Ces planches sont en général faciles à prendre en main, remontent bien au vent, passent bien le clapot et les molles de vent. Ce n’est pas dans ce choix qu’on retrouve les planches avec le plus de pop. Mais souvent, elles sont moins coûteuses à l’achat et sont tout à fait pertinentes comme premier choix de planche et pour attaquer ses premiers sauts, figures …

 

  • Les board freestyle ne différent souvent pas tellement des board freeride dans leur forme. Mais leur construction est souvent plus élaborée et leur shape taillé pour avoir plus de pop. Certaines board freestyle sont également de très bonnes freerideuses. Pour rappel, pleins de board « freestyle » sont tout simplement des bonnes board à tout faire et pour tout le monde, sauf qu’elles sont construites avec des matériaux les rendant plus nerveuses (stratification fibres de verre triaxiale ou carbone, renfort carbone, savants mélanges sur les essences de leur noyau bois, …). Ces board sont souvent celles qui offrent le plus de performances pour rider en straps, que ce soit sur un programme freeride ou freestyle. Les bonnes vont vite, ont un gros contrôle à haute vitesse même dans le clapot et dégagent un pop qui permet de freestyler déhooké et/ou de se mettre des gros vols de part des appels de saut plus nerveux et avec plus de vitesses que sur une simple board freeride.

 

  • Les board Wakestyle ont souvent des tailles, des shapes et des carènes qui tendent à s’approcher des planches de wakeboard (mais avec moins de rocker quand même, pour avoir un minimum de remontée au vent). Ces board sont souvent plus dures en terme de flex, pour encaisser les appuis plus puissants des boots. Pas mal de modèles peuvent être ridés en straps, tant qu’ils restent dans des tailles acceptables (genre entre 136/41 et 139/42) et que le rocker de la dite board ne dépasse pas les 50 mm (valeur indicative : tu peux rider plus, mais ça n’aura pas d’intérêt). Certaines de ces board intègrent une carène renforcée pour les modules, des inserts également renforcés pour encaisser le bras de levier des boots. Elles sont généralement un peu plus lourdes et épaisses que la moyenne.

En espérant que ça t’aide à mieux comprendre le marché …

N’hésite pas à nous contacter si tu as des questions.

Manix

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